Voila ce que j’aurais du dire si l’alcool n’avait pas fait des siennes !

12082009

 

Mes chers amis, amies, amis d’amis et amis d’amis d’amis…

J’aimerais prononcer quelques mots lors de cette soirée qui, je l’espère restera gravé dans vos mémoires comme un moment simple de sérénité, d’échange et de partage.

Mon anniversaire n’est que l’occasion comme chaque année de se retrouver réunis afin de célébrer les années qui passent une a une, apportant chacune leur lot de chagrin, de tristesse mais surtout de plaisir, d’inconnu et de rêve. Cette dernière année n’a pas été la plus facile pour moi comme peut-être pour certains d’entre vous et j’ai beaucoup pensé à tous ces moments vécus ensemble en me disant que ce n’était que des instants magiques que je ne revivrais plus jamais. Or, je me suis rendu à l’évidence, des moments de « plus jamais », il y en aura encore beaucoup auprès de vous.

J’aimerais donc pour marquer cette 22ème année qui vient de commencer (ou de se terminer c’est selon chacun…) m’adresser à 22 personnes, toutes venant d’endroits différents afin de célébrer également nos rencontres:

La première de ces personnes c’est Matt :

Merci de m’avoir aider à organiser cette soirée. Merci d’être l’ami qui me soutient et soutient également pas mal de personnes ici et merci d’être, tout simplement…

La seconde personne à qui je veux m’adresser n’est pas présente physiquement mais elle est la <3, il s'agit de Romain, ou de « Troger » pour « les taggeurs » :

Mon gros chat, merci pour tous ces moments vécus que je n’oublierais jamais. Merci d’être l’un des +1 qui font que la vie s’embellit jour après jour. Tu as été comme un frère pour moi cette année, présents dans les bons et les mauvais moments. Nos dialogues nous font évoluer, chercher pour peut être un jour trouver finalement qui nous sommes. Profite du Cambodge et continue à agir pour ceux qui n’ont pas notre chance; A très vite…

La troisième personne à qui j’aimerais adresser ces vœux n’est malheureusement plus sur cette Terre, il s’agit de mon ami d’enfance, Raf, qui nous quitté bien trop vite il y a déjà plus de 5 ans :

Raf, merci d’avoir été un modèle pour moi, ainsi qu’un exemple de bonté et de persévérance. Je sais que tu me vois de quelque part et j’aimerais que tu saches que je ne t’oublies pas et que je ne t’oublierais jamais. Tu vis à présent un peu dans chaque personne qui t’a connu et je partage volontiers ma vie avec toi pour que demain, ensemble, nous fassions bouger ce monde qui parfois donne l’impression de ne plus tourner rond. Merci encore pour tout mon ami et reposes en paix.

Bon, comme je sais que j’ai devant moi un grand nombre d’assoiffés, je vais passer directement à la 22ème personne sans oublier au fond de mon coeur de penser à tous ceux qui, depuis toutes ces années sont près de moi et m’aident à former la personne que je deviens jour après jour. Merci à elles, et merci à vous tous présents ici ce soir.

J’en reviens à cette 22ème personne… Il s’agit ici de ma mère, de ma « moman »…

Maman merci d’être cette mère aimante qui m’accompagne depuis ma naissance et qui à toujours tout fait pour que nous ne manquions de rien, Marie et moi. Tu as été pour moi et est toujours un modèle de bravoure, d’indépendance et de caractère. Merci d’avoir supporté le « jeune branleur que je suis » au delà des matinées ou tu me trouvais en train de gerber triple boyaux dans les chiottes ou tous ces autres petits scénarios qui, quoi que très drôles avec le recul, font des parents le socle d’une jeune vie qui se forme. Alors à toi Maman, j’aimerais dire quelques mots que je ne t’ai dit que trop rarement : Je t’aime. Santé et merci pour tout ce que tu as fait pour moi !

Pour conclure, j’aimerais ce soir porter un toast, non à mon anniversaire, non à ces 22 années écoulées, non à tous ces bons moments passés mais à la vie en générale car finalement c’est elle qui fait que nous sommes tous rassemblés dans ce bar ce soir. A cette vie qui nous permet de nous exprimer et de vivre chaque instant comme si c’était le dernier.

Alors longue vie à l’humanité, longue vie à ceux qui ne sont pas là et surtout longue vie à nous tous ! Que la fête continue ! Santé et bonheur les amis!!!!




A celles et ceux qui ne croient plus en demain…

12082009

        Maman, tu me lis une histoire? 

Pas ce soir mon chéri, tu as école demain et il est déjà 21h tu dois dormir. 

Comme j’aimerais revenir à cette époque durant laquelle mes seules frustrations provenaient d’un coucher trop tôt, d’une partie de foot dans le parc refusée injustement par mon père où d’une poésie à apprendre par cœur pour le compte des devoirs quotidiens. A chaque âge ses avantages dit on… Je préférais donc avec le recul, les avantages que m’offrait ma vie naissante d’enfant. Non pas que j’ai détesté tout ce qui a suivi, loin de là. La vie lycéenne fut pour moi un bonheur immense. La partie étudiante m’offrit encore plus de tout. Plus et peut être trop de tout. Sans doute trop et tout d’un coup. J’étais devenu expert dans toutes sortes de relations avec le sexe féminin. Je réussissais plus ou moins brillamment des études franco-allemandes de commerce. J’étais passé maître dans l’art de dresser la bouteille de J&B ainsi que ses amies Absolut ou Eristoff. Les soirées n’avaient plus de secret pour moi, la poudre non plus et les fins de soirées câlines commençaient sincèrement à me lasser. De plus, grâce à des manœuvres plus ou moins légales, l’argent coulait à flot et venait endormir ne serait-ce que la peur d’en manquer. Quelques vrais amis, beaucoup de potes et encore plus de connaissances dans la majorité des pays européens, voire même en outre-Atlantique. Une sorte de vie de lumière qui ne m’offrait pourtant pas la sérénité à tout jamais perdue de ma candide enfance.

Aujourd’hui était née en moi une sorte de schizophrénie malsaine et nocive. Une sorte de maladie de l’esprit qui, bien que commune à nombre de personnes de mon âge, commençait à me ronger intérieurement. L’alcool source de joie et d’ivresse à l’époque ne m’offrait plus que violence ravalée, idées suicidaires et crises répétées. Intérieurement, je bouillais constamment dissimulant quatre vingt dix pourcents du temps cette incroyable nervosité. Beaucoup de questions revenaient de plus en plus souvent, ne me laissant plus le loisir de vivre simplement comme il en avait toujours été le cas auparavant. Au top 3 de ces tortures quotidiennes, en gros titre, il y avait : Le futur, les relations humaines et l’argent.

Extérieurement je paraissais souvent calme, posé. Je souriais à une belle fille et riais aux bonnes blagues. Je dansais en discothèque et je m’impliquais dans mon travail. Un type de mon âge bien dans sa peau. Je damai ainsi le pion aux grincheux, aux joyeux, aux abrutis, aux intellectuels, aux bourrés, aux professeurs, aux collègues et aux connards. C’était ma façon de me protéger en quelques sortes. J’avais cette tradition bien à moi de ne pas offrir mes humeurs ou autres réflexions au premier venu, laissant aux gens le soin de juger celui qu’ils voyaient mais ne connaissaient pas. 

Intérieurement, il aurait été imbécile de me cacher à moi même que ce n’était pas vraiment le bonheur. Intérieurement, il aurait été naïf de croire que l’enfant insouciant se promenait toujours quelque part. Il avait été chassé successivement par la mort, la séparation, la famille et plus tard, il avait définitivement succombé face aux responsabilités et surtout, aux choix. Les choix…

De la plus petite décision à prendre jusqu’à celle qui pourrait changer une vie entière, je ne m’étais jamais familiarisé avec elles. Pâtes ou riz? Bière ou vodka? L ou S? La glande ou les études? L’école de commerce ou la fac? Reims ou Paris? La liberté ou une copine? La tromper ou non? La larguer ou non? Une relation à distance ou du sexe a proximité? Autant d’interrogations qui me laissaient perplexe et amer. Vous voyez, quand on est gosse, tout est plus facile; Ça sera pâtes pour ce soir, ni bière, ni vodka mais de l’eau du robinet avec un peu de grenadine, l’école demain matin, le foyer familial et, quant aux copines, soit elles étaient amoureuses, soit elles ne l’étaient pas… Évidemment quand on a six ans, c’est un peu difficile de choisir entre école de commerce et faculté… La question ne se situe en réalité pas tant dans le fait de ne pas pouvoir faire ces choix mais plutôt de ne pas avoir à les faire. Pourquoi tout n’est il pas simplement « naturel »?

C’est ici que la schizophrénie qui m’habite aujourd’hui entre en jeu. Je ne suis pas scientifiquement schizophrène (bien qu’à vrai dire je n’eus jamais fait de test), je suis comme vous, confronté à des choix herculéens. Et en particulier un… Une décision qui va donner à ma vie la tournure de ces quarante prochaines années. En temps normal, il y a toujours ce que j’appelle une « décision grise », c’est à dire une décision qui ne vous éloigne ni de la première, ni de la seconde option. Un exemple: Bière ou vodka? Whisky… L ou S? Es… La glande ou les études? La glande dans les études… La liberté ou une copine? Les deux…

Je suis assez fan de ces « décisions grises » et je dois avouer que je m’en suis toujours sorti comme cela. Parfois même, je laisse le temps lui même répondre aux questions que je me pose; 

Or, aujourd’hui, il se trouve que je me situe en face d’un choix aux conséquences diamétralement opposées. Pas de « décision grise » à l’horizon… La peur de faire une erreur, de décevoir, de s’égarer dans de mauvaises voies, de perdre du temps précieux ou même de devenir quelqu’un que je n’ai pas souhaité. Je ne veux pas me réveiller à quarante ans, la mine terne en repensant à ce choix raté.

J’aime les femmes en général mais j’admire les noces d’or. J’adore l’écriture mais j’ai besoin d’argent. Je me plais à fréquenter les beaux endroits mais je hais la société capitaliste. Je voue un culte à ma liberté aussi vaste que je désire la sécurité et le confort. Toutes ces contradictions se rencontrent et se chevauchent en moi, elles argumentent, débattent, en viennent aux mains sans ne jamais trouver de compromis. Deux moi, deux interprétations de la vie, deux images du futur, intrinsèquement et totalement incompatibles. Sans doute est-ce le propre de l’être humain que d’avoir à faire ces choix, à prendre ces décisions et je m’offusquerais surement si quelqu’un les prenaient par avance pour moi. Je vous l’ai dit, j’aime ma liberté et pourtant elle m’offre une question à laquelle je m’efforce, nuits et jours de répondre, sans pour autant avancer d’un poil. Au fond de moi surgit alors une possible « décision grise »… Et si je laissais faire les choses? Et si, une fois encore, je n’y pensais plus et laissais librement le temps faire son œuvre. Et si j’avais sauté les étapes? Et si je recommençais à vivre là où je m’étais arrêté…? 




Le romantique

12082009

J’ai entendu dire quelque part qu’un romantique c’était un homme qui même des années plus tard restait amoureux de la plus belle fille de son école… Et la plus belle fille de mon école, ce n’était peut-être pas toi, Alice. En tous cas, tu l’étais à mes yeux. Finalement, je suis un garçon comme les autres, toujours en proie à ses vieux démons. Pourtant, extérieurement, peu de personnes peuvent se gloser d’avoir une aussi « belle » réputation avec les filles. Je la fabrique de toute pièce sans doute pour me protéger. J’aime les filles, certes, je couche pour le simple plaisir et j’ai beaucoup de mal à éprouver de quelconques sentiments pour mes copines. Et pourtant, derrière le garçon chahuteur, derrière le baiseur, il y a un jeune homme qui cherche toujours le sommeil en pensant à toi. Un petit garçon qui créé des scenarii à chaque fois qu’il ferme les yeux avant de s’endormir. Une fois, tu frappes à la porte de mon appartement vers 1h du matin, poursuivie par des tueurs à gage desquels je dois te sauver. Une autre fois encore, tu viens me dire que tu n’étais pas prête à entendre ce que je t’ai dit cet après-midi là, dans ce café parisien. Une dernière fois, tu apparais angélique lors de mon anniversaire et vient m’embrasser sans mot dire devant mes amis et convives qui, après quelques secondes d’un silence presque divin, applaudissent à s’en rompre les mains devant cet instant exceptionnel de retrouvailles amoureuses. Tous ces débuts de rêve, perdus entre le conscient et la proximité du sommeil me font vivre dans un passé sur lequel je ne veux pas tirer de trait.

 

Il y a même ces deux petites photos d’identité volées en terminale qui me regardent fixement, un éternel sourire à jamais dessiné sur tes fines lèvres que je n’ai pu approcher. Elles sont accrochées à ma table de nuit, juste à côté de mon lit et chaque soir c’est devant tes yeux bleus que je ferme les miens, comme un petit garçon qui croit que s’il répète assez ce geste, la princesse apparaîtra un jour. Parfois, je trouve cela pathétique. Parfois, je souris en constatant avec un certain plaisir que le garçon amoureux de terminale vit encore en moi. Il est une chose dont je suis sur, je n’ai jamais plus été amoureux depuis que je t’ai rencontré. Je n’ai plus jamais ressenti cette chose magique qui influait sur mes humeurs et mes comportements quotidiens. J’ai besoin de toi tout au fond de moi. Rien n’est plus beau que d’espérer, même si je crois que ca n’arrivera jamais.

Tu es la seule qui détient les clefs de mon cœur, la seule que j’ai malheureusement aimée. Tu ne le sais pas mais tu es Celle avec qui je voudrais fonder une famille, tu es Celle pour qui je décrocherais la lune, tu es Celle qui me fait me sentir bien lorsque la vie n’est pas rose et tu es Celle que je n’oublierais jamais. Comme j’aimerais parfois que tu me libère de ton emprise imaginaire! Je ne peux m’y résoudre et aucune prison n’est aussi belle que celle où tu m’as enfermé. Un jour peut-être liras-tu ces quelques phrases couchées innocemment par le jeune garçon qui survit encore en moi. Je l’espère sincèrement Alice car je ne voudrais pas mourir sans t’avoir dit encore une fois que tu es la princesse de mon Walt Disney…  




Sinon et toi?

12042009

Il m’est quelque chose de particulièrement familier que de relire mes écrits quelques temps après qu’ils soient nés sur la page blanche. Ainsi, je corrige ça et là une faute d’orthographe dissimulée dans les restes de l’épaisse fumée de mon joint de ce « pré-moment » et, à la page suivante, une formulation qui me chagrine à présent. Cet exercice est une sorte de deuil. Retrouver mes démons d’hier ainsi que mes enchantements divers, mes peines dépassées ou mes joies conservées. Voila, que je tombe sur un message parlant de Toi. Ici, trône un paraphe à l’allure envenimée, chargée de tristesse, de colère et de ce sentiment trop présent dans mes écrits que je nommerais Injustice. Sur des dizaines de pages s’étalent mes délires tardifs sous emprise d’alcool et de drogues. Ils semblent eux même se déformer sur l’écran brillant de mon PC, s’envoler ou se mêler encore les uns aux autres. Parfois, même, je ne comprends plus leur signification. Étrange sentiment que de lire les évasions de quelqu’un que je connais si bien… Mais la page suivante s’ouvre sur un océan de romantisme, inspiré de je ne sais quelles histoires, héritées de je ne sais quels écrivains. Ce sont ces lettres qui m’attirent le plus. Emplis de cœur et de moins d’esprit, les mots paraissent s’accorder dans une rectitude semi-inconsciente, se baladant calmement sur le papier virtuel. C’est donc cela qui me tient le plus à cœur ? Les femmes, les relations humaines ainsi que la vie en elle-même ? Parler de moi, de mon entourage et de celles que j’aime ? Sentiment de superficialité bien vite effacé par cette sensation de relâchement et d’abandon à mes dix doigts, qui rapidement se promènent sur le clavier,  tapotant nonchalamment les mots qui traversent mon esprit débridé. Que dois-je faire alors avec cette écriture qui m’est chère ? Parier sur elle au risque d’en pâtir ou la laisser cacher dans un coin de mon esprit, terrée parmi les souvenirs d’une mémoire bien trop sélective, qui, j’en suis désormais sûr, effacera bien vite ce sentiment de toute puissance ? Être ET ne pas être, telle est la réponse de Barjavel, son « Voyageur imprudent » s’est perdu, ouvrant le chemin à l’interrogation, profonde et subtile de la vie et de ses émois. Mon Saint Menoux est peut être son créateur, mais là où l’auteur le fixe dans la science, je le laisse voguer au delà des frontières de mon étroit esprit humain. Seul, capable d’accéder à mon inconscience, ne laissant place qu’à mes cinq sens, ce héros opportuniste doit me voler mes rêves afin d’acquérir ce que nombres d’écrivains recherchent : l’inspiration la plus profonde. Ainsi, je n’écris pas pour le succès, pour plaire aux autres ou à moi-même, j’écris pour me soulager de cette tristesse qui souvent m’envahit, lorsque à vos portes s’ouvre le génie. Plus qu’un ami, qu’un psychologue, cet art subtil forme mon équilibre, sans lequel l’homme ne peut vivre, heureux ou dépressif. Que faire alors quand rien ne vient, quand tout va bien et que l’humeur n’est pas à la dérive ? Que faire donc si je n’ai plus, l’occasion d’écrire pour survivre, à mes peines, à mes chagrins, comme un enfant sans son couffin ? L’ataraxie et le bonheur représentent donc dans mon esprit la mort de l’écriture et de la peur de rester à jamais incompris. Si bonheur et écriture n’ont d’égales, que le bien être et la détresse, que devrais-je alors penser ? Rejeter cet ami cher en sachant que je l’oublierais ou souffrir dans ses bras en regrettant ma vie passée ? A cette question, réponse je n’ai guère, car impuissante ma conscience erre, régnant à nouveau élégamment sur les brides de mon esprit.

 




Et si…

12042009

 Un doigt de schizophrénie, une louche de mélancolie, mêlés à ce questionnement inhérent à ma propre personne. Mon esprit découvre aujourd’hui les ravages de la dualité humaine. Etre partagé entre ce que l’on peut faire et ce que l’on veut faire, c’est bien la difficulté. Le choix se révèle alors être un des ennemis de l’apathie et de l’innocence. Faire un choix, aussi futile soit il, c’est décider de quelque chose, prendre une décision à propose d’un sujet ou d’un point précis. Il est certains choix qui s’opèrent naturellement, une préférence innée pour l’un plutôt que l’autre. Mais il en est beaucoup d’autres pour lesquels je me sens incapables de me décider. Choisir entre l’écriture, doué ou non, ma passion, ou alors le fric, beau ou laid, mon besoin. Il me semble presque que même l’amour est devenu un choix. Une sorte d’auto persuasion négative et strictement psychologique qui éloigne le sujet aimant de sa propre personne. La rationalité disparaît alors volontairement puisque le cerveau a décidé d’aimer et de donner sans nul autre dessein. Choisir de partager sa vie avec cette personne, de lui être fidèle me parait tellement utopique pour ceux qui ne connaissent pas l’amour. La seule question qui me vient à l’esprit est justement celle-ci, qu’est ce que l’amour ? Cette requête incessante de mon esprit sur mon cœur me donne la nausée. Le premier veut savoir que le second assurera la globalité de ses actes. La tête veut pouvoir se reposer sur les sentiments, extérieurs à la partie encéphalique du corps humain. J’ai vingt ans et jamais, durant ces vingt années je n’ai ressenti de sentiments assez forts pour se prétendre être de l’amour, pour une fille et encore moins un garçon. Alors j’en viens naturellement, au gré de mes interrogations à me demander ce qu’est l’amour. Lorsque je regarde les couples qui me sont proches, les mariés avec qui je vis, où, dans un cadre plus global, la société qui nous entoure, j’en arrive à penser que les coups de foudre n’existent pas. J’en arrive à croire sincèrement que l’amour est une sorte de Noël chrétien, enrobé d’un doigt de propagande consumériste. A me dire que Juliette et Roméo, ça n’a jamais existé, que Tristan avait plaqué Iseult à 35 balais et que ce cher Dom Juan n’avait pas succombé dans son duel face au Commodore. J’en conclus que l’amour est un travail et, qui dit travail, dit exercice psychologique et physique. Il n’a donc rien à voir avec ce quelque chose qui monterait en moi comme un courant divin. Il ne serait donc pas ce sentiment unique pour lequel tant d’hommes se sont entretués.

C’est une cruelle désillusion à laquelle je ne veux pas croire. Mon esprit, lui-même, semble nier cette évidence. Il en parle consciemment à mon cœur, mais tous deux préfèrent rêver à un futur meilleur. L’amour ne serait donc qu’un jeu ? Impossible. Je veux croire qu’il s’agit plus d’une évidence éminente que d’une interrogation constante et de sombres remises en question. J’ai besoin de penser encore que celle qui sera mienne, le sera pour de vrai. Le sera dans les bons et mauvais moments, que je n’éprouverais même plus l’envie de regarder d’autres femmes et tout le baratin qu’on m’a raconté depuis ma naissance. Je mérite ce baratin. Qu’on me serve encore et encore de ce baratin, car de le voir s’effondrer me brise le cœur et me retourne la tête. Dites-moi que me lever au côté de ma femme tous les matins me procurera continuellement le même plaisir. Faites moi gober que chaque jour de plus à ses côtés sera encore un peu plus magique que le précédent et qu’elle ressemblera à jamais à ces poupées russes qui dévoilent encore et encore et encore, inlassablement… Promettez moi qu’elle aussi ressentira ce que moi j’éprouve pour elle naturellement. Rassurez-moi en me mentant de la sorte. Suis-je si candide que ça ? Cette euphorie romantique devient elle purement pathétique ?

On est bien seuls finalement… Seul à construire difficilement notre vie chaque jour que Dieu fait, évitant pièges et autres petites obscurités du quotidien, tentant sans relâche de se débrouiller au mieux en gravissant les échelons de la société moderne. Ceci n’est pas un réquisitoire contre cette dernière, même s’il est assez clair que je la méprise. En réalité, je méprise ce que l’Homme est devenu, ce qu’il fait de son environnement et des ses proches. Les religions ont imposé de grands termes tout au long de l’histoire afin de cerner cette insatiable solitude humaine. Vous vous ennuyez ? Tenez, nous vous donnons l’AMITIÉ. Trop de guerres ? Aller, un petit coup d’AMOUR… Vous ne savez pas ce que vous foutez sur cette Terre ? Voila la FOIE… Il est intéressant de constater que, générations après générations, millénaires après millénaires, l’Homme a intégralement digéré ces mots. Il les a incorporés à son quotidien, et il en a besoin. Ils sont même devenus sa raison de vivre, l’objectif de leur passage sur Terre. Et j’en fais partie intégrante, bien sur. Mais j’aime à prendre le recul nécessaire pour ironiser sur cette pathétique situation.

J’aime retrouver la théorie cartésienne tenant à prouver que nous ne pouvons comprendre les gens qui nous entourent par un simple rapport à soi même. J’apprécie cet égocentrisme que je juge nécessaire à la compréhension des êtres qui vivent avec nous. Si je tombe, je me fais mal et je pleure. Si tu tombes et que tu pleures, c’est que tu te seras fais mal. Raisonnement strictement cartésien et d’une logique implacable. Les gens qui évoluent autour de nous agissent de la sorte. Ils tentent de comprendre les problèmes des autres, quand ils ont le temps, à travers leurs propres expériences. Le dialogue n’est plus la base de notre communication moderne. Nous passons notre temps à essayer de déchiffrer étrangement chacune des pensées de notre entourage grâce à une multitude de codes, plus ou moins profondément ancrés dans notre chère cervelle. Ne serait-il pas plus simple de discuter ? Un exemple précis de cette hypocrisie constante de nos dialogues ; Un homme et une femme (ou deux hommes…) sont assis face à face dans le métro. Lui la trouve jolie et sent un retour de sa part, au détour d’un jeu de regard. Pas d’alliance sur l’un ou l’autre, disponibilité totale, et, bien qu’ils ne le sachent pas, ils se trouvent exactement dans le même cadre sentimental. Tout le long du trajet, ils croisent leur regard, rougissent tour à tour et seul un aveugle ne pourrait apercevoir l’attirance qu’ils éprouvent l’un envers l’autre. Cupidon semble avoir fait son plus beau tir depuis longtemps. Mais elle s’arrête à cette station, car elle y travaille. Timidement et le plus lentement possible, elle se lève pour sortir de la rame. Leurs regards se suivent jusqu’après la porte automatique mais il ne trouve pas le courage de se lever, et de l’inviter à déjeuner, maintenant ou plus tard. Il ne trouve pas le cran de passer au dessus de ses propres peurs, au dessus de l’idée qu’elle pourra le repousser. Il a peur de briser les codes sociaux qui lui ont été inculqué depuis sa plus tendre enfance. Il fuit un dialogue simple et naturel par simple crainte, finalement, du regard des autres passagers et de l’estime qu’il se portera à lui-même si elle refuse. N’est ce pas navrant ? N’est-il pas aussi écœurant de voir que TOUS les gens préfèrent lire, écouter de la musique ou ne rien faire, plutôt que de discuter avec son voisin. Je ne dis pas qu’il faut le faire, je montre simplement que le dialogue n’est plus quelque chose de normal dans notre société. Les seuls échanges entre citadins modernes, cadrés sur le fameux « métro-boulot-dodo », c’est un « attention à mes pieds, connard ! », suivi de prés par un joyeux « et les pieds de ta mère, enculé ? »… Les joies du métro parisien. Huit heure quarante cinq, levé il y a une demie heure, et vous pouvez apprécier toutes la spiritualité et la sympathie des échanges verbaux de vos chers concitoyens…

Ceci n’a bien sur aucune valeur d’argument mais décris seulement une atmosphère, un cadre de vie, une ambiance particulière. Evidemment, à la sortie des boites, il m’est aussi arrivé de discuter et de rire avec des inconnus en grimpant dans une rame de la ligne 1. Mais c’est un cas rare, je dirais une fois sur cent. Même en boite de nuit, nous ne prenons plus le temps de communiquer. Je connaissais déjà le goût de ses lèvres avant d’entendre le son de sa voix. J’arrive finalement à obtenir son nom et son numéro de téléphone vers six heures du mat’. « Chouette, on va pouvoir se rencontrer autrement que tes fesses dans mes mains… ! » Bref, je pourrais citer nombre d’exemple de ce type mais là n’est pas le cœur de mon propos. Qui d’ailleurs n’a pas vraiment de fil conducteur. Il n’y a la que le fond de mes pensées et ma pauvre opinion dénudée de toute subjectivité sur tous types de sujets.




Insoutenable légèreté de l’être…

12042009

 

 Allongée… Encore toute habillée sur le sofa en cuir noir, tu me regardes d’un sourire narquois. Tes fines lèvres délicates et pincées semblent humides et les rayons de lumière qui traversent la vitre leurs transmet les nuances d’un ciel rosi par le soleil d’une fin de journée. Elles s’étirent discrètement jusqu’à tes pommettes saillantes qui accompagnent ton sourire vers les petits plis de tes paupières jeunes et fraîches. Tes yeux d’un bleu perçant pétillent d’excitation et d’impatience. Le regard porté vers moi, tu me presses à venir te rejoindre. Insistant. Serein. Tes longs cheveux châtains déambulent fièrement sur ta nuque, recouvrant partiellement tes oreilles parfaitement sculptées. Je devine dans leurs mouvements quelques bribes de ton cou arrosé par la lueur d’un rayon de soleil. Puis, il disparaît et je me laisse alors glisser vers ce point particulièrement émouvant. Ce petit espace sensible et finement dessiné en triangle. Cet endroit où tout homme sensé se perd profondément en y déposant un baiser suave et admiratif. Mon regard s’abaisse encore quelque peu et j’aperçois le haut de ta poitrine, stratégiquement défendue par ces quelques boutons et ce morceau de tissu. Tes mains sont calmement posées le long de ton corps. Mon esprit se brouille alors et je redeviens un enfant. Je m’assieds prés de toi frôlant tes fins cheveux ondulés, je pose ma main sur la tienne et me promène en dessinant des courbes du bout de mes doigts. Nous ne prononçons pas un mot. C’est l’instant où l’on donne avant de recevoir. Le moment de faire confiance. Mes doigts passent lentement sur le tissu qui surplombe ton corsage. Ils effleurent un téton frissonnant à leur contact et arrivent enfin sur le petit morceau de plastique qui surplombe l’antre de mes rêves. Tour à tour, l’un après l’autre, sagement, je défais les petits boutons noirs de ton chemisier et c’est dans un léger froissement qu’il s’ouvre sur ton corps. Je dépose alors un baiser sur ta pommette rougie par le plaisir de ces secondes magiques. Puis, un autre sur le bas de ton cou. Enfin, un dernier au creux de tes lèvres douces. Nous sommes entièrement nus à présent et chacun découvre l’autre en tant qu’humain. L’osmose semble emplir la pièce devenue si soudainement isolée, silencieuse. Comme si le temps s’était arrêté durant de longues et éternelles secondes… Le contact de ta peau légèrement halée me procure un frisson de passion. Je peux presque sentir mes hormones en totale ébullition. Je suis traversé par un sentiment d’excitation qui s’empare entièrement de moi. Tes doigts se crispent délicatement et tes yeux se ferment lors de ce court instant de communion. Un bras enlace ta nuque chaude et l’autre soutient le reste de mon corps. Le balancement de nos hanches assemblées et ce sentiment de te dominer me rappelle combien tu es fragile et déjà complice. Je veux te protéger, serrée dans mes bras dans ces minutes de passion, il ne peut rien t’arriver. Je suis là pour toi maintenant et je le serais aussi après. Tes yeux s’entrouvrent innocemment, tu bascules sur le côté et t’assieds sur moi. Je me redresse brusquement en te serrant les hanches vigoureusement mais je te laisse diriger, prendre les reines de cet amusement. Je vois la femme que tu es déjà, fière et candide, le tout à la fois. Dans un sourire tu te penches vers moi, continuant un va et viens assez régulier. Tu m’embrasses tendrement et je te rends ton baiser qui s’éternise dans une confortable situation où nos langues s’amusent comme deux enfants joyeux. Mes mains caressent tes fesses insolemment douces et bombées, ton étreinte se resserre et tes doigts saisissent mes bras. Tu te crispes et les battements de ton cœur s’accélèrent dans ta poitrine humide et collée à la mienne. Je sens le plaisir qui m’envahit telle la sève court dans un arbre. Je me raidis et te prend dans mes bras, ta respiration bruyante paraît émettre des petits sons étouffés. Mon corps ne répond plus et subit ton attractivité, mon esprit n’est plus là, il s’est fait évincé. Mes yeux se ferment et dans un soupir de plaisir je te regarde une dernière fois, tu ressembles à un ange. Nos deux corps se détendent alors naturellement, un baiser pour clore ce moment de partage, de communion réelle avec ma désirée. Nos corps se délient alors mais nos mains restent assemblées. Nos inspirations ralentissent au rythme d’une atmosphère de complicité. Tu me souris tranquillement pendant que je t’admire, ta mine est heureuse et j’espère, comblée. Tu poses ta tête sur mon torse et je t’entoure de mon bras, sagement allongés. Blottie contre moi dans pendant ces secondes de tranquillité. Lovée sur mon cœur, tu t’apaises à chacun de ses battements, mes caresses te rassurent et te font oublier ton quotidien. Les minutes passent dans ce royaume du silence, puis ton regard se tourne à nouveau vers le mien. Interrogateur, il demande une prochaine virée à deux…Allongée…




Les joies de l’anticonstitutionnel !

12042009

La douce mélodie de « Walking on the moon » coule le long de mes oreilles. Mes yeux demi clos semblent s’évader vers de lointains horizons. Une odeur chaude et envoûtante chatouille chacune de mes inspirations. Un goût de thaï s’est mêlé à ma salive. Mes doigts posés et détendus sont étendus le long de mon corps. Je m’envole alors vers mon jardin secret. Perché à des milliers de mètres au dessus de l’Himalaya, recouvert d’une fine couche de poudreuse étincelante, envoûté pourtant par une délicate atmosphère d’une journée de juillet, j’entre dans mon paradis. Cette pièce changeante où les coins sombres et inquiétants jalonnent les belles étendues d’herbe épaisse chavirée par une douce brise automnale. Ces lieux insolites et risibles et ces endroits remuants et effrayants. A l’orée d’un bois touffu, je découvre une clairière baignée de soleil et de l’odeur du blé fraîchement coupé d’une maison de Normandie. Je me balade à travers les quelques grands épis survivants, les caressant de la main et savourant la chaleur des rayons de soleil. Je croise des biches sautillant à l’horizon avec leurs petits. En tournant la tête, j’entre alors dans un bar paisible. La lumière est basse et le son d’une trompette d’un jazzman envahit l’atmosphère chaude et pénétrante. En face de moi, une fille aux traits fins me parle. Je vois ses lèvres joliment dessinées murmurer des syllabes envoûtantes. Ses longs cheveux blonds gisent nonchalamment sur ses épaules nues. Ses profonds yeux verts me regardent comme s’ils avaient aperçu Dieu lui-même. Puis, elle s’évapore étrangement dans une bouffée de fumée de cigarette. Et je sens le froid s’emparer de moi, mes lèvres se mettent à trembler et le vide semble me pénétrer. Le ciel devient grisâtre et de sombres nuages tournoient tels des vautours attendant leur proie. La lumière s’estompe et l’obscurité envahit l’espace. Mes doigts se contractent, une fine couche de gel recouvre lentement le bout de mes phalanges. Une étincelle me transporte vers une ville déserte, inanimée, comme vidée de toute vie humaine. Un terrible sentiment de solitude dérangeant m’étrangle alors. L’air est pesant et j’ai du mal à respirer. Ma vue se brouille lorsque je crois apercevoir ce cambrioleur et son 9mm pointé sur moi. Sa large bouche laisse apparaître des dents blanches parfaitement alignées. Il ricane en me parlant : « froussard, tu fuis tes responsabilités ». Je me sens alors tomber en tournant dans le vide et atterrir doucement dans un tas de plume. Je m’assieds en clignant des yeux. La pièce est plongée dans une semi obscurité. Les murs sont blancs autour de moi. Ils semblent bouger au rythme d’un morceau de rap d’IAM. Un grand mec aux cheveux bruns et bouclés est affalé sur un canapé en cuir. Il tient dans sa main un énorme joint de Marijuana et tire lentement de grosses taffes qui s’échappent dans une épaisse expiration. Il sourit et m’invite à le rejoindre sur le sofa qui est devenu rouge. Une télévision est allumée mais le son est coupé. On y retransmet la finale de 1998 et les deux buts de Zizou. Personne ne parle, atmosphère lente et apaisante. Soudain, la pub apparaît à l’écran et un mec avec une gueule de con vient vanter la qualité du nouveau Mach 10 « avec dix lames de rasoir aiguisées et conçues pour ne pas laisser un poil en vie » … Je me sens aspiré par le téléviseur qui s’approche maintenant à toute allure. Je suis comme dans un toboggan qui tourne et tourne sur lui-même. Je glisse inlassablement vers la prochaine pièce. Le mec avec son rasoir est derrière moi répétant invariablement la même phrase. Je ferme les yeux, la pub ne m’a jamais intéressé…

 




Raf…

12042009

S’il est une chose en ce monde que je ne comprends pas, c’est la religion… La religion dans tous ses aspects. Je n’évoque pas la religion musulmane, chrétienne ou encore juive. Je parle des religions dans leur ensemble et du message qu’elles transmettent. A vrai dire, mon rapport à la religion n’a pas toujours été le même. Elevé dans une famille de tradition catholique, je suis baptisé. Et c’est tout. Mais durant le début de ma vie, j’ai d’abord été tenté de croire que quelqu’un ou quelque chose nous était supérieur. Quelque chose de divin mais sans apparence. Comme une force qui régit notre vie et nous aide lorsque le chagrin nous envahit. Et pourtant. C’est à 16 ans que mon rapport avec ce quelque chose s’est évanoui. Comment expliquer à un adolescent de cet âge que cette chose a décidé de vous enlever votre ami ? Un de vos meilleurs. Comment expliquer la sensation qui a soudainement pris le dessus le jour de ce rappel prématuré? Comment ne pas craquer quand le père de cet ami vous appelle, une journée comme une autre de Juillet ? Comment ne pas pleurer quand il vous annonce que c’est fini ? Comment expliquer que ce quelque chose laisse le meurtrier en vie et pas sa victime ? Mon cœur, ce jour la, s’est refermé. L’innocence de ma tendre et confortable jeunesse s’est évaporée, comme un cauchemar au réveil. Ce n’était pas un simple décès. C’était lui. Lui qui avait déjà acquit la maturité quand je n’étais encore qu’un enfant. Lui qui avait trouvé la voie à suivre. Lui qui avait tout pour être heureux. Et le serait aujourd’hui. Ce jour là, ce quelque chose, je l’ai haït… Sans honte, ni remord… Je l’ai détesté comme un ennemi, jurant ma tristesse à travers de sombres écrits. Tout mon univers calme et paisible s’est effondré et j’ai pris conscience d’entrer de plein fouet dans la réalité. Une réalité acerbe et gerbante. Une réalité froide et injuste. Pas un simple rejet ou une incompréhension mais une indéfinissable sensation de haine. Une haine viscérale qui me poussa dans mes retranchements. Une épreuve atroce à laquelle, je le sais, je ne suis pas le seul confronté. Et devant ce malheur et cette calamité humaine, j’ai préféré ne plus croire en rien. Sauf en toi. Ce quelque chose, j’ai préféré l’effacer plutôt que de la haïr. J’ai préféré l’oublier plutôt que de souffrir.

Parfois, je pense à toi. Parfois, je me dis que je devrais être à ta place. Que je ne mérite pas mon existence ou alors que je la mérite moins que toi. Cette sensation douloureuse me colle à la peau et chaque pensée qui s’envole vers toi me rend plus fort. Je veux croire que tu m’entendes quand je suis seul et que je te parle. Que tu saches que je ne t’ai pas oublié et que je t’aimais. Que tu comptais pour moi comme un frère et que je ne désirais que ton bonheur. Que tu m’inspirais le plus grand respect et que tu représentais, si ce n’est un modèle, un exemple de bonté et une voie à suivre. Et aujourd’hui, tu aurais vingt ans. Je t’imagine plein de vie et passionné. Je t’imagine droit, honnête et apaisant. Mais tu n’es plus. J’aime croire que chaque petit morceau de ton âme s’est divisé entre nous tous, tes proches. J’ai besoin de croire qu’aujourd’hui, je vis pour moi et pour toi. Je veux me convaincre que je ne peux pas me tromper, que tu me guides un peu dans chacun de mes choix, de mes actes et que t’avoir connu et fréquenté m’a fait évoluer, mûrir et m’améliorer. Hier, tu me regardais, souriant, en pleine communion avec la vie. Aujourd’hui, je te pleure. Demain, tu n’auras pas disparu. Car tu ne disparaîtras jamais. Chacune de mes décisions t’appartiendront un peu et ma vie sera la nôtre.




Pensees

3032009

Nouvelle page, nouvelle vie… Ca y est, c’est terminé ! L’époque de ma scolarité française est révolue, évaporée dans des vapeurs d’alcool et de la fumée acre des centaines de joints consumés pendant ces deux ans. Bienvenu dans quatre mois de vacances intenses… Ca a déjà commencé, les mines à foison, les chopes interminables et la bonne humeur intégrale. Le temps semble lui aussi s’améliorer, nous allons vers les beaux jours. Ces matins ensoleillés où l’on peut humer l’air chaud en se remémorant moult souvenirs épars et disséminés dans le flot incessant de la mémoire. Ces matinées souriantes et enchanteresses pendant lesquelles le simple fait de toucher telle ou telle chose, sentir tel ou tel arôme ou même d’apercevoir une couleur habituelle nous fait revivre le passé dans un moment d’égarement songeur. Les longs mois de vacances, la plage, la mer, la montagne, des greniers de maisons, la campagne, la pêche, les voyages, la voiture, le train ou même l’avion. Chacun de ses instants ressurgissant à leur guise dans l’esprit. Des personnes, des instants, des sourires, un baiser… Toutes ces choses sont l’œuvre de la formidable capacité de notre cher esprit à voguer entre le passé et le présent. Se prêtant même au jeu de la Pitie de temps à autre, on esquisse le futur, lui donne une forme plus ou moins réaliste et réalisable. Toujours accompagné par ce sourire rêveur qui caractérise si bien les gens paisibles. J’adore être entre deux pages, dans ce moment de flou où rien n’est obligatoire et presque tout permis. Ces moments ou rien n’a plus d’importance que de profiter de chaque moment passé auprès des gens qu’on apprécie. Profiter d’un sourire, d’une parole touchante, d’un éclat de rire ou même d’une simple blague. Trop de gens oublient de profiter de ces moments pourtant quotidiens. Ne pas s’enfermer dans les problèmes, savoir sortir des chemins tracés et évaluer sa chance à chaque minute.

 

Et 4 mois de vacances, c’est largement assez pour prendre soin des gens qui sont proches de moi avant de partir en Allemagne. Prendre soin de ma famille, m’occuper un peu de ma sœur, retrouver les potes parisiens, penser un peu à moi… Faire ce que je n’ai jamais le temps de faire, constater l’état de santé de mon pauvre corps, peut être rejouer un peu au tennis. Les particules de terre battue qui s’envolent après une glissade afin de rattraper ce coup droit de l’adversaire et le soleil éblouissant qui me gêne pour servir. Boire de l’eau par petites gorgées après un set disputé, sentir la sueur couler par gouttelettes le long du coup, s’essuyer le visage avec la serviette encore odorante du foyer familial. Puis rentrer dans la concentration une nouvelle fois, saisir sa chance sur chaque point, sentir un coup droit partir à toute vitesse le long de la ligne, claquer un ace sec dans le court croisé et remettre encore et encore les balles de l’adversaire. Ce combat me manque, cet objectif fixé de gagner, la motivation pour aller jusqu’au bout et le plaisir de serrer la main de son compagnon après un beau match. L’écriture est un peu comme une matinée ensoleillé de fin mai, elle me laisse ressurgir une multitude de souvenirs et je laisse alors mon esprit aller à la redécouverte de ces souvenirs, de ces habitudes ou de ces moments particuliers qui façonnent la vie d’un homme. Etrangement, le besoin d’écrire ne se montre plus lorsque je me sens bien alors je le fais pour mes enfants, si j’ai le plaisir d’en élever dans quelques années. Je le fais pour cette raison et tout à coup les mots reviennent nets, clairs et précis, tour a tour à vocation informative puis à portée instructive mais peu de morale car je n’en ai aucune à faire.

 

Le train ralentit peu à peu… J’arrive bientôt à Reims, peut être pour la dernière fois. Demain j’ai mon oral final d’Allemand mais ce soir, la fête sera reine. La liesse s’emparera sans doute de notre petite ville provinciale cette semaine, comme pour signifier la fin d’une époque en même temps que le début de ces mois de vacances. La page se tourne sur la fin de cet écrit.




Le dormeur du val (version moderne)

3032009

C’est une ruelle piétonne un frais matin de Décembre.

Un dimanche langoureux où les couples dorment encore,

A peine dérangés par le soleil aux rayons d’or,

Caressant timidement leurs volets aux reflets d’ambre.

 

Dehors les commerçants préparent leurs établis,

Les yeux encore engourdis par cette courte nuit.

Posant leurs fraîcheurs fruitées, une à une, bien rangée

Afin d’appâter le plus de clients venant au marché.

 

Le trottoir accueille les premiers passants,

Dérangés par la foule et secrètement matinaux,

Ils déambulent au gré des cris de ces vendeurs rugissant, 

Achetant ici une livre de pomme et trois poireaux. 

 

Caché sous le porche d’un immeuble avoisinant,

Allongé dans une couverture de fortune à même le pavé,

Un clochard gît à coté de sa bouteille de rosé,

Sourire aux lèvres, il semble dormir sereinement.

 

Personne ne remarque, cet homme sans frontière,

Baignant dans cette lumière douce et chaleureuse,

Lui seul connaît la fin de ce délicat mystère,

Car son cœur gelé s’est arrêté lentement de battre,

Hier…







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